Alors que le prix des terres agricoles a augmenté beaucoup plus rapidement que les revenus agricoles au cours de la dernière décennie, les défis financiers auxquels la relève fait face sont immenses. C’est dans ce contexte que des modèles hybrides émergent peu à peu, notamment le concept du « capital patient ».
Le « capital patient », c’est quoi?
Le capital patient est une forme de financement à long terme pouvant prendre la forme de prêts ou d’autres modèles hybrides offrant des conditions de remboursement plus flexibles, ainsi que des taux d’intérêt souvent inférieurs à la norme du marché conventionnel. Cet outil de financement se détache d’une logique strictement bancaire afin de répondre à un besoin de société qui dépasse le seul investissement financier. Le financement « patient » peut notamment proposer des amortissements de très longue durée, parfois jusqu’à 50 ans, des soutiens à la mise de fonds, des congés de paiement en période de démarrage ou encore des remboursements adaptés aux cycles de récolte.
Le meilleur exemple de ce type de capital est le Fonds d’investissement pour la relève agricole (FIRA), qui soutient actuellement des projets agricoles partout au Québec. Les entreprises pouvant y accéder demeurent toutefois limitées, et les besoins dépassent largement les capacités actuelles du programme.
Un concept adapté à la relève agricole?
L’agriculture n’est pas un secteur économique comme les autres. La rentabilité des entreprises agricoles ne se construit pas à court terme, mais plutôt sur des décennies, voire des générations. Les cycles de revenus sont longs et varient selon les années et les saisons. Il est donc impératif que les leviers financiers s’arriment à cette temporalité.
C’est une réflexion de société importante pour l’avenir de l’agriculture québécoise. Le défi dépasse aujourd’hui la simple question du financement : il soulève aussi la question de savoir si l’accès à la terre agricole doit reposer sur la seule capacité d’endettement des agriculteurs eux-mêmes...







