Détectée pour la première fois dans l’Ouest canadien en 2016, la cécidomyie des fleurs du canola a fait l’objet d’un projet de recherche lancé au Québec en 2023, en collaboration avec des chercheurs de l’Ouest canadien, afin de vérifier si elle y était aussi présente.
« Grâce à l’installation de pièges à phéromones, l’équipe de recherche a rapidement confirmé la présence de la cécidomyie des fleurs du canola au Québec », indique Sébastien Boquel, Ph. D. chercheur en entomologie et chercheur principal du projet au Centre de recherche sur les grains (CÉROM).
Les adultes sont de minuscules moucherons qui émergent du sol au printemps et durant l’été. L’un des principaux défis entourant cet insecte est qu’il ressemble beaucoup à la cécidomyie du chou-fleur, ce qui a d’abord compliqué son identification.
Le projet a toutefois démontré la spécificité des pièges à phéromones pour chacune des deux espèces, rendant possible un suivi individualisé de leurs populations de manière distincte, sans risque de confusion.
Les travaux se sont ensuite tournés vers l’évaluation des dommages au champ.
« Bien que nous ayons confirmé la présence de la cécidomyie des fleurs du canola dans les champs du Québec, aucun dommage n’a été observé sur les plants. Contrairement à la cécidomyie du chou-fleur, qui s’attaque aux boutons floraux, la cécidomyie du canola cible les fleurs en développement, sur lesquelles elle crée des galles florales tubulaires, et aucun symptôme de ce type n’a été détecté dans les champs étudiés », précise Sébastien Boquel.
Ainsi, l’impact de ce ravageur est, pour le moment, considéré comme négligeable et son effet potentiel sur le rendement demeure encore non quantifié. Pour expliquer ces résultats surprenants, l’une des hypothèses avancées est que l’insecte utiliserait le canola comme plante secondaire et viserait principalement une autre plante non cultivée, telle qu’une adventice. Cela dit, sa dynamique de population, sa biologie et son potentiel de dommages devront être étudiés plus en profondeur.
Pour l’instant, la cécidomyie des fleurs du canola reste une énigme. Une énigme qu’il vaudrait néanmoins mieux comprendre afin de s’assurer qu’elle ne devienne pas, un jour, un problème bien réel.







